L' Histoire de la Soul Musique
La musique soul (qui signifie « musique de l'âme »), est une musique populaire afro-américaine née à la fin des années 1950. Elle est une sorte de dérivée, entre autres, du gospel et du blues mais aussi du jazz et du rhythm and blues. Le développement de cette musique a été stimulé par deux tendances principales : l'urbanisation du rhythm and blues et la sécularisation du gospel.
Ray Charles et la Soul:
Ray Charles est un chanteur et pianiste américain de jazz, de gospel, de blues, de country, de rhythm and blues et du style qu'il popularisa : la soul.
On retrouve dans cette musique un mélange d'émotion sacrée mêlée à des thèmes profanes à connotation très sexuelle. De nombreux artistes le suivent rapidement sur cette voie :
Sam Cooke, Otis Redding et Wilson Pickett, entre autres...
Elle devient ensuite peu à peu un mouvement contestataire par la jeunesse noire, afin de réagir face à la communauté blanche.
Le développement:A la fin des années 50, la naissance de la soul favorise le développement de l'industrie du disque. Les labels
Stax et Motown décident de faire connaître au public blanc des artistes originaux.
A Memphis,
La "Stax" est une petite entreprise familiale de production musicale, qui s'intéresse de près à ce nouveau marché. Ses fondateur Estelle Axton et Jim Stewart, vont faire connaître de fameux musicien tels que :
Steve Cropper, Donald "Duck" Dunn, Tom Dowd, Eddie Floyd, Sam and Dave, et Isaac Hayes dans un genre plutôt proche du blues et du rhythm'n'blues
Alors que de l'autre coté des Etats-Unis, à Détroit,
La "Motown" dirigé par un noir américain, Mister Berry Gordy distille une musique plus urbaine. Elle fut le
premier label en 1959 à avoir signé des artistes comme
Diana Ross, Stevie Wonder, Marvin Gaye, The Supremes, Jackson five et autres... En 1960, la soul connaît un grand succès et une nouvelle orientation.
En effet d'autre pionniers tels que :
James Brown, Curtis Mayfield vont faire naître la funk.
Soul Women au pouvoir:C'est ensuite que
les femmes viennent aux pouvoirs. Elles se font entendre sur scène et imposent aux hommes leur puissance vocale et leur énergie vindicative. En s'appropriant magistralement la chanson Respect d'Otis Redding,
Aretha Franklin affirme la volonté des femmes d'être reconnues comme égales des hommes. Dès les années soixante, entre jazz, rhythm'n'blues et soul,
Nina Simone dénonce ouvertement les souffrances endurées par les Noirs américains dans le Sud raciste des Etats-Unis, avec, notamment, le virulent Mississipi Goddamn.
Le déclin: L'arrivée du disco, à la
fin des années soixante-dix, marque le déclin de la soul. Cependant, ce style musical n'a pas perdu de son influence, grâce aux nombreux puristes qui ne jurent que par elle, ainsi qu'aux artistes actuels, pour qui, entre pop, hip-hop et r'n'b, la soul constitue bien plus qu'une référence. C'est à la fois une base et une source inaltérable d'inspiration.
La "nu-Soul", le nouveau style:Par ailleurs, depuis une dizaine d'année, on voit apparaitre un nouveau style,
la nu-soul. Plus moderne que la soul et souvent moins survoltée, la nu-soul séduit par sa recherche dans les arrangements et ses sonorités groovy.
Erykah Badu, Jill Scott, D'angelo, Maxwell, ces grandes voix soul ont su adapter cette musique
« I'am black and I'm proud
La soul, c'est également un état d'esprit, un choix de vie. Depuis les années soixante les Noirs rejettent la ségrégation raciale qu'on leur fait subir. Désormais, les Afro-américains tiennent à affirmer et assumer leur différence et leur identité. James Brown l'assène dans son micro en 1969 : I'm black and I'm proud, « Je suis Noir et j'en suis fier ». La mode est à la coupe afro, les cheveux crépus se portent au naturel. Les Blacks Panthers font leur apparition, la militante Angela Davis est une icône aux Etats-Unis comme à l'étranger. La soul permet de revendiquer haut et fort son opposition au gouvernement et à la société.
Au début des années soixante-dix, les Etats-Unis sont en guerre contre le Vietnam. Beaucoup s'opposent à ce conflit sanglant. Des manifestations et des sit-in géants sont organisés dans les grandes villes américaines. Parallèlement, les brutalités policières à l'égard de la communauté afro-américaine se multiplient. Martin Luther King, leader du mouvement pour les droits civiques, est assassiné en 1968. Dans son morceau What's going on, Marvin Gaye chante son désespoir face à la situation de son pays. »